Liban : le courageux cardinal qui défie le Hezbollah

C’est un personnage assez discret âgé de 80 ans et qui n’a pas pour habitude de se mêler de la vie politique de son pays. Mais le cardinal Bechara Boutros a-Rahi, chef de fils de la communauté maronite libanaise est inquiet du rôle néfaste et dangereux que joue le Hezbollah dans son pays, et il a décidé de le faire savoir.

Après une rencontre avec le président libanais Michel Aoun, chrétien mais pro-Hezballah, le cardinal a fait une déclaration retentissante demandant à ce que le Liban décrète sa neutralité face aux conflits de la région afin de se consacrer à sa situation intérieure catastrophique qui mène le pays du Cèdre vers une faillite totale. Il demande aussi que cette neutralité soit garantie par l’Onu. Un message principalement dirigé vers l’organisation terroriste chiite qui tient le pays en otage pour le compte de l’Iran.

Le prélat estime que ni les Etats du Golfe, ni les Etats-Unis et ni l’Union européenne ne se précipiterons au chevet du Liban tant que son gouvernement sera l’otage de l’hégémonie du Hezbollah. « Nous ne pouvons plus supporter de vivre dans une charrette dans laquelle certains poussent les chevaux à galoper vers l’avant pendant que d’autres tirent vers l’arrière », a-t-il dit en forme de métaphore.

Cette prise de position courageuse lui a bien-entendu valu des réactions virulentes de la part du Hezbollah et de ses alliés. Par contre, d’autres leaders politiques ont annoncé qu’ils soutiennent avec enthousiasme cette idée de neutralité, c’est la cas de responsables chrétiens, druzes et musulmans sunnites. L’un des leaders de la communauté chrétienne maronite a déclaré : « Nous avons décidé de ne plus nous taire. Le Hezbollah doit être désarmé ! » Ce qu’a également dit le cardinal a-Rahi en des termes plus enveloppés, demandant à ce que le Liban exerce sa pleine souveraineté sur tout son territoire.

Le cardinal a également subi des pressions – peut-être même des menaces – dès le moment où il est sorti de son silence sur cette question. L’ambassadeur d’Iran au Liban, Mohammad-Jalal Firouznia et le chef des renseignements libanais, général Abbas Ibrahim, proche du Hezbollah se sont rendus auprès du dignitaire chrétien pour le dissuader de ne pas faire de déclaration publique, mais en vain. Bien au contraire, en plus de ses déclarations, des proches du cardinal ont diffusé l’incident qui s’est produit il y a quelques jours à la frontière israélo-libanaise pour montrer la force de nuisance du Hezbollah pour le Liban et appeler à une nouvelle stratégie de défense nationale dans laquelle le Liban ne laissera plus le Hezbollah prendre les décisions de guerre ou de paix.

Cette prise de position officielle du leader de la communauté maronite met le président Aoun devant un défi, lui dont le parti est censé défendre les intérêts de la communauté maronite. Va-t-il choisir le Hezbollah et ainsi affronter ouvertement l’église maronite?

Quant au Hezbollah, s’il continue à prendre des initiatives anti-israéliennes contraires aux intérêts du Liban, il apparaîtra de plus en plus comme un séide de l’Iran plus qu’un défenseur des intérêts de la population libanaise. Ce qu’une bonne partie a déjà compris depuis longtemps et commence à l’exprimer à haute voix.

A l’époque où le Liban était dirigé par les chrétiens, le pays était surnommé la « Suisse du Proche-Orient ». Mais aujourd’hui, comme sous d’autres altitudes, le pays est tiré vers le bas au point de sombrer dans la faillite.

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