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mercredi, 26 septembre, 2018

Je suis “un juif de Kippour”! par Raoul Spiber

Chaque année en ce jour tous les juifs se retrouvent.
Ils retrouvent au-delà de leurs appartenances politiques, idéologiques et religieuses, un lien profond de fraternité, le sens d’une appartenance à un destin commun, à une histoire commune.
Nous, les habitués de la synagogue, il est de notre devoir de faire que ces retrouvailles soient une réussite. Il serait tragique que ceux qui nous retrouvent à Kippour soient mal accueillis, qu’ils aient l`impression d’être jugés ou qu’ils se sentent considérés comme des étrangers par nous, les habitués de ces lieux. Nous devons tout faire pour qu’ils se sentent chez eux dans la maison d’Hachem. Cette rencontre est, pour beaucoup, le seul contact, la seule occasion de trouver leur place dans le peuple, dans la communauté.
Je pense toujours à ce fameux Kippour, en Allemagne, en 1913, où se produisit le retour bouleversant de Franz Rosenzweig.
Ce Juif assimilé, promis à une grande carrière universitaire, sur le point de se convertir au christianisme, décida qu’avant de se convertir, il se devait de passer Kippour, à la synagogue, il choisit de célébrer ce dernier Kippour dans une synagogue où il ne connaissait personne: pas de connivence facile, pas de complicité immédiate. Apres cette journée de Kippour qui le bouleversa, il prit sa décision: il ne se convertira pas.
Son retour déclencha à lui seul un retour vers l’étude de nos textes en Europe occidentale, les Juifs les plus éloignés du judaïsme voulurent soudain en savoir plus sur ce que nos vieux textes ont à nous dire. Son retour et ses ouvrages magistraux ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la pensée juive en occident. Presque tout ce qui s’est écrit en matière de philosophie juive a d’une manière ou d’une autre, une dette envers Franz Rosenzweig et son ouvrage majeur :”L’étoile de la rédemption”.

Si effectivement Yom Kippour est pour beaucoup le jour le plus solennel de l’année juive, il n’en est pas pour autant le but ou le sommet. Les célébrations de Rosh Hashana et de Yom Kippour nous amènent à Soukot. En effet, le calendrier des fêtes ne s’achève pas sur Yom Kipour, jour de pardon, jour de jeûne, clôturant pourtant les 10 jours du Retour.
Si c’était le cas, cela aurait signifié que l’idéal de la vie juive, serait de vivre dans l’ascèse, dans le renoncement aux plaisirs du monde.
C’est justement avec la fête de Soukot et de Chemini Atseret que s’achève la liste des fêtes de l’année dans le texte de la Torah.
Cette période est appelée “zman simh’aténou”, le temps de notre joie.
Yom Kippour n’est pas une destination finale, c’est une étape, un jour de retrait où nous recadrons les choses, où avec les privations de Yom Kippour, nous redéfinissons nos priorités, où nous faisons la différence entre plaisirs sains et plaisirs nocifs, vrai amour et prédation….

Durant la période qui suit nous faisons un stage intensif de joie pendant lequel nous devons traduire les leçons apprises entre Roch Hachana et Kippour dans le quotidien.
Les repas pris dans la cabane, le bouquet des 4 espèces, doivent nous rappeler que le monde a été créé pour nous, que nous sommes des invités à la table du Créateur, qu’il convient de Le remercier, de se réjouir avec Lui et de réussir à vivre ce temps sur terre comme un grand moment de fête et de partage avec tous les invités.

Chana tova et Gmar hatima tova

Raoul Spiber est enseignant à Hemdat hadarom

Photo by Yonatan Sindel/Flash90

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