Préparez vos zygomatiques: Olivier Guedj débarque en Israël au mois de novembre prochain! L’humoriste à la double vie sera pour la première fois en tournée ici et il se réjouit de cette occasion de réaliser son rêve: présenter son spectacle en Israël. Ah, vous vous demandez pourquoi nous le surnommons »l’humoriste à la double vie »? Il nous répond et nous explique tout.
Le P’tit Hebdo: Vous avez la particularité de mener ouvertement une double vie. Expliquez-nous!
Olivier Guedj: Je suis chirurgien-dentiste mais parallèlement à cette occupation professionnelle, je monte sur les planches parisiennes pour un one man show que j’ai écrit. Le théâtre a toujours coulé dans mes veines. Quand j’avais 13 ans déjà, je faisais rire dans les rendez-vous communautaires. Mais pour mes parents, il était impensable que je sois comique. Donc et sans que cela ne crée la moindre frustration, j’ai poursuivi ma scolarité et je suis devenu dentiste. Puis à l’approche de la quarantaine j’ai eu l’occasion de pratiquer à nouveau l’humour sur scène. A 40 ans, je me suis officiellement lancé dans l’écriture d’un spectacle et depuis je joue à Paris, pour mon plus grand bonheur!
Lph: N’est-ce pas trop prenant lorsque l’on mène une vie »normale » de devoir sans arrêt être en éveil pour trouver le truc qui fera rire, la situation à exploiter sur scène?
O.G.: Non parce qu’en réalité, je ne fonctionne pas du tout ainsi. Je vis ma vie, je vais au travail, je suis un mari et un père de famille. Je ne suis pas du genre à m’assoir dans un café et à écouter et observer afin de chiner des idées pour mon spectacle, de toute façon je n’en ai pas le temps! Je choisis des thèmes que j’ai envie de jouer sur scène et à ce moment-là, des situations que j’ai pu vivre auparavant en lien avec ce sujet, me reviennent. Je suis naturellement amené à être témoin de toutes sortes de situations, que ce soit dans mon cabinet dentaire ou dans ma vie quotidienne. J’en tire alors le comique de situation et je le porte sur scène dans mes sketchs.
Lph: Finalement, serait-ce le fait que vous n’êtes pas comique 100% de votre temps qui vous rend si bon dans votre écriture et dans votre interprétation?
O.G.: A travers mon choix de ne pas me consacrer 100% à la scène, je m’impose en réalité, un équilibre difficile à tenir. Ce mode de vie m’oblige aussi à ne pas gaspiller mon temps. D’autant plus que je suis aussi père de famille! Par ailleurs, cela peut étonner certaines personnes qui pensent que l’on ne peut pas faire à fond deux activités en parallèle. Je suis content quand j’entends des conversations à la sortie de mon spectacle du public qui s’aperçoit que cela est possible. Cela donne même parfois envie aux gens de reprendre une passion mise de côté, de pousser ses rêves, parce qu’ils voient que c’est possible.
Mon inspiration, je la tire, effectivement, de ma vie quotidienne, dans le vrai monde: ma famille, mon travail. Tout mon spectacle fait écho à ce qui nous touche au quotidien. Il reflète ce que je vis en tant que mari, que père et que consommateur. Il peut aussi explorer des domaines que je ne pratique pas, mais qui sont dans l’air du temps et qui parleront à beaucoup de spectateurs.
Lph: Vous tournez depuis plusieurs mois avec »Olivier Guedj vous redonne le sourire ». Quel succès rencontrez-vous à Paris?
O.G.: Le titre du spectacle reste le même mais il est sans cesse renouvelé. J’ai donné une centaine de représentations au théâtre de la République. Mon one man show a rencontré un large public et je m’en réjouis.
Lph: Est-ce la première fois que vous viendrez à la rencontre du public israélien?
O.G.: J’étais déjà venu une première fois pour jouer à Ashdod, à l’invitation d’une association. C’était en comité restreint, mais j’en garde un souvenir impérissable. Cette fois sera la première face au grand public, dans une grande salle. Pour moi, jouer en Israël est une consécration. Jacques Séguéla disait que si on n’a pas une Rolex à 50 ans, on a raté sa vie. Pour moi, la preuve de la réussite, c’est d’être appelé à jouer en Israël. A cet égard, je dois souligner le travail d’Alain Asseraf et Avraham Azoulay, qui ont permis à ce rêve de se réaliser bientôt.
Lph: Que réservez-vous au public francophone d’Israël?
O.G.: Je veux leur présenter le meilleur spectacle, le plus abouti. Je pense faire quelques clins d’œil et jouer un pot-pourri de mes meilleurs sketchs. Le spectacle en Israël sera plus long que d’habitude, je veux gâter ce public. Je suis charnellement attaché à Israël. Je me suis marié à Jérusalem, pour moi c’est un symbole très fort de venir y jouer. Mon épouse est une fan de Tel Aviv et nous y passons beaucoup de temps à chacun de nos séjours: là aussi, je suis heureux de pouvoir y monter sur scène. De plus, je pourrais offrir mon spectacle à ma famille et à mes amis qui vivent ici et n’ont jamais pu venir me voir à Paris.
Je sais que le public francophone est très demandeur de culture française, qu’il répond présent. L’accueil que j’avais reçu à Ashdod était excellent, je m’attends à une explosion de sentiments et de joie!
« Olivier Guedj vous redonne le sourire »
03 nov, Israel Music Conservatory, Tel Aviv, 21h
05 nov, Cinémathèque, Jérusalem, 20h30
Réservations: 0733-202-400 ou culturaccess.com
Propos recueillis par Guitel Ben-Ishay