mercredi, 17 octobre, 2018

Curiosités calligraphiques par Meïr Cohen

L’écriture des Sifré-Torah est soumise à des règles strictes qui ne laissent aucune place à la fantaisie. Il y cependant des exceptions, notamment dès les premiers versets de la paracha Pinh’as. Dans les mots “Bériti-Chalom” le vav est fendu au milieu, la lettre Yod du nom Pinh’ass est plus petite que les autres yod. (Ainsi nous avons dans le sefer trois écritures pour Pinh’as: “petit-youd, sans youd, ou youd-standard”).

Dans nos séfarim actuels il y a quelques autres exceptions; essayons d’en dresser une liste:

  1. Le “vav kétiyah” de beriti-chalom.
  2. Les lettres plus grandes ou plus petites que la moyenne (rabati ou zeyira) comme le Bet de Berechit ou le Aleph de Vayikra.
  3. Les lettres surmontées d’un point (nakoud).
  4. Les deux “nounim hamenouzarim” qui sont inversés, isolés et encadrent le verset “vayehi binsoa Aharon” dans la Sidra Beaalotekh’a.
  5. Les “kri ouktiv” qui sont des mots que la massorette nous enseigne de lire différemment de leur orthographe. Parfois l’orthographe n’a rien à voir comme par exemple là où on doit lire “teh’orim” alors qu’il est ecrit “apolim”

Dans le temps, cette liste était bien plus grande et on pouvait trouver des lettres “impressionnantes”:

  1. Des lettres renversées de haut en bas comme le noun de H’aran.
  2. Des lettres qui on pivoté sur elles-mêmes comme le Kh’af de ”derekh’ ets h’ayim”.
  3. Le “Peh léfoufah” qui est enroulé de manière à se présenter comme “un peh dans un peh”.
  4. Le Het de “veh’ara af” dont les deux “jambes” se terminent en “antennes” tournées vers l’extérieur.
  5. Des lettres à “antennes” droites ou enroulées sur elles-mêmes.
  6. Des lettres avec plus que trois taguimes (couronnes) alors qu’en principe, elles ne devraient pas-même en avoir une seule.

 

De cette seconde liste, certains Hassidim et Yémenites ont conservés dans les téfilines et mézouzotes; “les taguimes en plus”, le Peh lefoufah et le Het de veh’ara mentionné plus haut.

Pour les autres particularités on n’a pas le droit, en principe, de les effectuer car on n’a plus de “massorette” (transmission). On craint aussi peut-être de trop déformer les lettres, ou que ces changements devaient être accompagnés d’une “cavannah” particulière.

En tout état de cause, les Séfarim qui ont été écrit de cette manière restent cachers et dans les centres “michmeret stam”, les instructions étaient, en général, de n’y apporter aucune retouche. Ces sujets sont évoqués dans le Chout Peer hador du Rambam, La hakdamah du Rambane sur la Torah, dans l’introduction du Sefer-Hataguimes et dans les livres de Halakh’a traditionnels.

Pour en revenir au “vav ketiyah” de Chalom, et sans être certain du rapport; précisons le point suivant:

Quand Aharon et ces quatre fils furent nommés “Cohen”, Pinhas était déjà né mais n’a pas été nommé avec eux (s’il avait eu des frères par la suite ils auraient été Cohen mais pas lui). En récompense à son action D. l’a intégré au groupe de Cohanim.

 

 

Meïr Cohen

Sofer Stam

mcsofer@gmail.com

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